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mercredi 6 octobre 2004
TOI
tu es dans tout ce que je fais
J’imbrique mille et un puzzles - prononcer [peuzleuh], laissons tomber le [peuzeule], ça ne fera pas de nous des américains. Bref, lorsqu’au cours de ces nuits là, je comprends tout et ses conséquences, je TE laisse toute la place. Je TE retrouve enfin tel que tu es, tel que je veux que tu sois, tel que je t’ai perdu, un jour, au hasard. TU prends toute la place, et je me gonfle, je m’envole, je déplace les montagnes. Invincible et extatique. Je pense à toi, et ça n’est plus douloureux, c’est tendre, et doux, délicieux. Je me souviens, je me rappelle, je suis excessivement douée question broderie sur sprint, je peux tenir des heures à évaluer, commenter, ressasser un même incident a priori banalement anodin. J’ai mis Paris en bouteille avec des « si » un nombre incalculable de fois, je ne veux plus d’alternatives, ni regrets, ni remords, marcher droit, ne plus tourner la tête. Entrer dans l’ère du temps, se laisser porter aux files de ses semblables... Renoncer à être, ne songer qu’à suivre le courant...
Renoncer, le mot est lâché. Jamais.
Mes nuits à perceptions intensives, TU es à moi, je te façonne à l’image de qui je désire que tu sois. TU me dis les mots que je voudrais entendre, TU plantes ton regard dans le mien, TU me submerges de tendresse, de désir, d’amusement et de fierté. TU me glisses du bonheur dans l’oreille. Je m’endors avec TOI, et TU déboules dans mes rêves. Douche froide. Au pays des songes TU prends un visage sévère. Aucune passion, aucune émotion, restent le devoir, et la raison.
C’est un peu un problème, quand même, cette omniprésence de TOI. Pas un pied devant l’autre sans m’interroger sur ma démarche, mon allure, ma présence et rectifier selon ce que j’imagine que tu apprécierais. Pas une décision sans projeter ce que tu en penserais. TU me donnes tous les courages et tous les culots, toutes les énergies. Il est question de plans de batailles et de luttes intérieures, je dois te mériter, virtuellement.
Parfois je flanche, et j’ai un peu honte, je suis heureuse pour une fois que tu ne sois pas là pour assister au triomphe de mes faiblesses. J’ai deux cerveaux, et deux esprits aussi, du mal à casser l’écorce, à affronter à affirmer... Solide carcan, tais-toi et vis, éternel discours de ma mère, elle m’a entraînée dans sa danse, tu n’es pas un garçon, toutes les deux nous avons déçu ton père. Colère noire. Je vais exploser. Aimez-moi, tous, où crevez par terre.
Toute cette histoire à cause d’un banal accident de la route. Chaque seconde TU habites ma vie parce qu’un chauffard a buté le frère de mon père marié à la soeur de ma mère. C’est quoi ce merdier ? Un Cluedo ? Que quelqu’un vire le scénariste.
et pendant ce temps là...
Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien.
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