ONLINE STUFF

un site francophone consacré à la série & à ses spin-off
BUT ALSO...

CSI / Les Experts

LOST

The L Word

novembre 2005
Law & Order / NY District


JPEG - 47 ko
Detectives Stabler & Benson
(Law & Order SVU)

Law & Order, ou New York District en français, c’est la série dramatique qui a la plus grande longévité de l’histoire de la TV américaine, et qui détient le record de nominations aux Emmy awards. Aux US, c’est la 3ème série dramatique en terme d’audience, derrière CSI (Les Experts) et ER (Urgences).

C’est Dick Wolf qui a conçu Law & Order à la fin des années 80. Dick Wolf est de ces scénaristes américains qui, après avoir fait ses premières armes dans l’écriture d’épisodes pour la télé, est devenu producteur exécutif sur Miami Vice (Deux flics à Miami) ou The Invisible Man (L’Homme Invisible), puis sur ses propres séries dont Law & Order et ses spin-off* : Law & Order : Special Victims Unit (New-York Unité Spéciale), Law & Order : Criminal Intent (New-York Section Criminelle) et Law & Order : Trial by Jury (New-York Cour de Justice).

Aux Etats-Unis, c’est souvent le scénariste qui fait la série. Qui la crée, et qui la co-produit. C’est le scénariste qui détermine le budget qui va lui être consacré, c’est aussi lui qui choisit les réalisateurs et l’équipe de scénaristes réguliers ou occasionnels qui prendront sa suite, c’est lui qui organise le casting des acteurs, c’est lui aussi qui tourne le pilote, c’est lui qui choisit le network auquel il la destine, etc. Ce qui est beaucoup plus rarement le cas en France, malheureusement, d’où une prise de risque scénaristique quasi-inexistante. Mais passons. Dick Wolf s’est vu refuser Law & Order par la Fox, puis par CBS, et c’est finalement NBC qui va accepter de diffuser la série en 1990, puis Law & Order SVU en 1999, puis Law & Order CI en 2001 et enfin Law & Order TbJ en 2005. Cette dernière a été abandonné après 13 épisodes faute d’audience, ce qui n’est pas le cas des trois autres qui rassemblent 20 millions de téléspectateurs à chaque diffusion d’un nouvel épisode.

JPEG - 35.1 ko
Law & Order

Law & Order et ses spin-off innovent. Elles font partie des premières grandes séries dans le genre policier-réaliste. Des premières a avoir opté pour un tournage dans les rues de NYC, caméra 16mm portée à l’épaule, ce qui fatalement a contribué à leur donner une authenticité surprenante. Le concept est relativement simple : il consiste à aborder le système judiciaire américain dans son ensemble, de la découverte du crime au verdict du jury. Chaque épisode est divisé en deux parties : d’abord l’enquête et la résolution du crime par les inspecteurs de police, puis la conduite du procès par le procureur. Les scenarii sont denses et rythmés, notamment grâce à l’utilisation d’écrans noirs indiquant à quelle étape de l’enquête ou du procès on se trouve (ex : domicile de la victime, 15h45), qui permettent d’éviter les longueurs des transitions inutiles (arrivée du suspect dans le bureau du procureur, etc.). D’autre part, les histoires sont uniquement centrées sur le crime, et on ne se perd pas dans les méandres de la vie des personnages, dont on ne découvre le parcours, les failles ou la situation familiale qu’à travers l’intrigue principale. Il n’y a pas de scènes Ricoré, dans ces séries-là, et on ne perd pas de temps à vous raconter que le fils du proc passe le bac ou qu’un enquêteur voudrait bien s’envoyer en l’air avec sa voisine. Les séries évitent aussi de verser dans un moralisme politiquement correct, puisqu’elles ne s’attardent pas sur l’affect mais exposent les faits objectivement, allant jusqu’à dénoncer les carences et les dysfonctionnements du système judiciaire américain, ou n’hésitant pas à aborder des thèmes polémiques, comme l’alcoolémie des victimes de viols, ou la remise en question de la parole d’un enfant manipulé par des adultes pas très fiables.

Je suis particulièrement fan du spin-off Law & Order SVU, qui depuis la saison 6 a intensifié la dramaturgie, et met en scène des criminels aux caractères complexes et déroutants, traqués par des inspecteurs et un procureur dont on devine les combats et les douleurs à travers leurs engagements quotidiens à défendre l’intégrité des victimes tout au long de leurs enquêtes, en allant fouiller dans les méandres judiciaires pour leur assurer la défense à laquelle elles sont censées avoir droit, même si ça n’est pas toujours ce que dit la loi.

Law & Order et ses spin-off sont actuellement diffusés sur TF1 vers 16h du lundi au vendredi, mais aussi le samedi soir en seconde partie de soirée, ainsi que le dimanche après-midi, dans des cases horaires où la chaîne place aléatoirement un épisode de l’une ou de l’autre des séries, sans toujours respecter la chronologie des saisons, et en mixant régulièrement des nouveaux et des anciens épisodes. Difficile de s’y retrouver. Autant dire qu’il est vachement plus agréable de se procurer les DVD qui commencent à être disponibles en France.

* spin-off : à l’origine, adaptation à la télévision d’un long métrage cinéma (Superman -> Loïs et Clark, etc.) ; par extension, série dérivée : en général, une série dérivée se construit autour d’un personnage d’une série (Friends -> Joey), mais on utilise de plus en plus la technique du cross-over pour décliner une série à succès, c’est à dire qu’on "envoie" les personnages d’une série déjà célèbre à l’intérieur de la future série, afin de faire connaître les nouveaux personnages, c’est une sorte de parrainage (ex Catherine Willows de CSI Vegas a été envoyée à Miami dans le cadre d’une de ses enquêtes et nous a présenté les personnages de CSI Miami qui ensuite ont mené une existence propre devant nos yeux ravis de téléspectateurs comblés !)
à noter que le cross-over est aussi utilisé hors spin-off, par exemple quand les personnages de NY911 apparaissent dans Urgences.

 

Voir aussi

website powered by SPIP 1.9.2a [8878]
HOME | UP & ABOUT | RSS | E-MAIL | RESTRICTED AREA